La crinière au vent
- Topon Tarosuyo

- 28 oct. 2016
- 8 min de lecture
Chers lecteurs, le rédacteur en chef à eu une idée: nous allons publier une série de chapitres formant un histoire: La crinière au vent. Elle à été entièrement inventée par bambou1409, sans aucune reprise d’un livre, du moins nous l’espérons énormément. Nous publierons chapitre par chapitre.
La crinière au vent
Chapitre 1: Introduction
Nous sommes en 1874, en Arabie, en plein désert. A perte de vue, on aperçoit le ciel qui, vêtu de son habit bleu azur, a invité le soleil chaud et brûlant, qui a vite fait de dessécher les rares jeunes pousses qui ont survécu quelque temps dans ce sol rocailleux. Mais, parfois, peut-être, arriverez-vous à apercevoir un troupeau de chevaux sauvages. Avec leur poil soyeux, la finesse de leurs attaches, leur encolure arquée, leur tête expressive, leur profil concave, leur poitrine profonde et ouverte, le dos court et large, leur queue haute, leur front large surmonté de deux oreilles écartées et joliment dessinées, leur chanfrein court leurs grands yeux expressifs, aucun doute ce sont des pur-sang arabe, une race noble et d’une beauté époustouflante. Et là, veillant sur le troupeau, un étalon robuste qui lève bien haut la tête en regardant d’un air possesseur les poulains qui s’ébattent joyeusement autour de leurs mères, qui, elles, sont à la recherche de la moindre touffe d’herbe.
Chapitre 2 : La panthère
Quand tout à coup, le mâle dominant pousse un hennissement strident, cinglant, signalant un danger. Derrière une pierre de taille massive, un puma guette, cherchant parmi le troupeau qui sera son repas. Tous les membres de la troupe sont immobiles, prêts à fuir à la moindre alerte. L’étalon hausse fièrement la tête, les oreilles plaquées en arrière, les naseaux pincés, la bouche ouverte et l’encolure tendue, ne cessant de soutenir le regard du félin, qui, indécis, reste tapis derrière son rocher protecteur. La bataille entre le cheval et la panthère peut maintenant éclater à n’importe quel moment. Tout à coup, ne voulant plus attendre, le carnivore rugit et bondit comme un ressort. Quasi immédiatement, l’étalon se cabre, retombe à terre, manquant de peu d’écraser la patte antérieure gauche de l’animal. Montrant ses crocs aiguisés et scintillants comme des poignards, le félin mord furieusement le jarret de l’équidé, qui n’avait pas eu le temps de se défendre, ce dernier poussa un cri de souffrance horrible et s’étendit de tout son long par terre. Le cruel carnivore s’approcha de sa victime pour lui donner la morsure fatale. Mais à ce moment-là, le cheval, à peu près remis de sa blessure mais tout de même sonné, se releva brusquement, ce qui envoya voler la panthère. Un peu plus loin, cette dernière ne bougeait plus, ensanglantée, et était mourante. Quelques minutes plus tard, ce n’était plus qu’un sac d’os inanimé. Poussant un hennissement victorieux, l’étalon envoya le cadavre plus loin de la troupe, et la journée reprit le calme qui lui avait été enlevé pendant la dernière heure.
Chapitre 3 : Les humains
Mais hélas, la blessure de l’étalon avait inondé sa robe brune de sang. Il partit alors à la recherche d’un point d’eau, suivi de son petit groupe. Plusieurs jours, il marcha sans trouver ce qu’il recherchait, et la blessure s’était gravement infectée. Enfin, dans la soirée, il aperçut au loin une oasis. Heureux, il accéléra la cadence (le plus qu’il le pouvait avec son handicap) et se trouva enfin au point d’eau. Il se désaltéra longuement puis se baigna, histoire de guérir sa blessure. Il venait à peine de sortir de l’eau quand il entendit des voix féminines fredonner :
"hasanana alddalu,qad yukhtifuha alllahjudran albiar"
“Oh, le seau bien plein,
qu’Allah nous l’arrache
des parois du puits!’’
Intrigué, il s’approche de l’endroit où il avait entendu la chanson, et, à sa grande surprise, il vit trois femmes tirer de l’eau d’un puits, sûrement relié à l’oasis. L’une d’elles était grosse, aux cheveux ondulés et noirs, pendouillant sans grâce sur ses épaules alourdies par le poids des innombrables bijoux qui l’ornaient (boucles d’oreilles immenses, plein de piercings, au moins sept colliers ornés de petites amulettes ridicules, de bracelets et j’en passe.) L’autre était aussi fine qu’un fil de fer, et ses cheveux remontés en chignon massif formaient une charmante couronne. Elle était elle aussi accaparée de bijoux. La troisième n’était ni grosse ni fine, et elle paraissait d’une grande bonté. Contrairement aux deux autres, elle n’était quasiment pas vêtue de bijoux. Ses immenses cheveux étaient rassemblés en une magnifique et longue tresse la rendait sublime. Elles chantaient si bien que le cheval était comme hypnotisé, incapable d’esquisser le moindre mouvement.
Chapitre 4 :
Quand tout à coup, un homme vint à la rencontre des trois jeunes femmes. Après l’avoir écouté, quand il eut terminé son récit, elles s’enfuirent loin de l’oasis, accompagnées de leur messager. Pourquoi ? Parce que l’homme les avait prévenues que le troupeau de chevaux qui était un peu éloigné de l’oasis (celui de notre héros) avait été capturé par leur tribu, sauf l’étalon dominant et qu’il ne tarderait pas à manifester son désaccord pour l’action faite, et que si elles restaient ici, ce serait elles qui paieraient le prix sanglant de la capture de la troupe. Les femmes parties, l’étalon fut libéré de l’immobilisation qui l’emprisonnait. Il se retourna, voulant emmener sa troupe loin de cet endroit rempli d’animaux à deux pattes qui s’entretenaient entre eux dans une langue incompréhensible, et, quand il vit qu’elle n’était plus là, il ne vit que l’immense étendue du désert, infinie, totalement bronzée par le soleil. Mais comment cet être infaillible n’avait-il pas senti ou entendu les hommes ? Tout simplement que le vent soufflait vers le sud, et que lui était vers le nord.
Le vent étant dans le sens contraire de sa posture, il n’avait pas pu sentir l’homme. Quant au bruit, le chant l’avait couvert. Affolé en ne voyant plus sa troupe, le cheval trotta tout autour de l’oasis, espérant trouver la petite famille. Mais, hélas, tous les juments et poulains avaient disparu. Le vent soufflant encore, il avait recouvert toutes les traces de sabots de ses congénères. Quelle malchance ! L’étalon se coucha alors, espérant trouver sa troupe dès le lendemain, et s’endormit à l’ombre d’un palmier, sous la lune bienveillante, qui avait revêtu son habit noir taché de points jaunes et scintillants.
Chapitre 5 : Recherche de la troupe
Le lendemain, l’aube venait à peine de se lever, que le vaillant cheval se réveilla. Il but, mangea quelques touffes d’herbes, et s’en alla, en direction du nord. Il marcha jusqu’à midi, et le soleil tapant était déjà haut dans le ciel. Derrière lui, l’oasis n’était plus du tout visible, et le l’étalon commençait à fatiguer. Que n’aurait-il pas fait pour se coucher et dormir ! Mais le désert est plein de danger, et il devait se méfier, et, de plus, le soleil aurait vite fait de le rôtir. Le cheval continuait donc sa recherche quand il entendit des voix masculines, comme celle que l’homme qui avait prévenues les jeunes femmes avait. Espérant que ces voix le mènerait à sa troupe, il les suivit jusqu’à voir à quelques mètres et totalement ignorants de la présence de l’étalon, deux humains à deux pattes eux aussi, qui discutaient joyeusement :
« Ce soir, la tribu procède au dressage du troupeau que nous avons capturé avant-hier ! Tu y participes ? »
L’autre répondit :
« Evidemment ! Et puis, entre nous… c’est surtout pour le festin qui va suivre ! »
Les deux hommes éclatèrent de rire. L’étalon, bien sûr, n’avait absolument rien compris. Il les suivit donc, malgré sa méfiance. Les deux énergumènes marchèrent encore environ cinq minutes, plaisantant gaiement, et ils arrivèrent à un endroit des plus bizarres. D’immenses bâtisses en pierre se dressaient devant lui, et partout, cela grouillait de choses à deux pattes.
Chapitre 6 : Drame
Que de voix, toutes pareilles. Que des choses à deux pattes de toutes tailles : grandes, petites, moyennes, grosses, fines, normales, des crinières minuscules chez certains, d’autre immenses, d’autres qui n’en ont pas… Ce monde était vraiment bizarre. Et où se cacher maintenant ? Derrière un de ces immenses rochers ? Non, ça fait trop peur et c’est sûrement rempli aussi, là-bas. Que faire ? Quand tout à coup, un cri ! Une de ces choses, qui avait une grande crinière, avait crié en le voyant. Il avait été repéré ! Il se mit à se sauver en voyant plusieurs hommes se lancer à sa poursuite. Des touts petit poulains à deux pattes s’incrustaient dans la course, armés de lances pierres. L’étalon courait toujours, et, tout à coup, après un bruit retentissant qui envahit le village, il s’effondra. Un homme lui avait tiré dessus avec un fusil, en plein dans le jarret où sa blessure n’était même pas encore refermée et guérie. Il ne vit plus rien et plongea dans un profond sommeil. La douleur était atroce. Sa jambe se baignait bientôt dans une mare de sang.
Chapitre 7: Le vieil homme
Bien que très souffrant, le cheval n’était pas mort. La première chose qu’il vit en se réveillant, une semaine après avoir sombré dans le coma dû à tout ce qu’il avait vécu ces derniers temps, fut le noir. Le noir… Il entendit des voix:
ysataqiz? zanant ‘annah qad mat! ( il se réveille? je le croyais mort!)
Une autre voix, celle d’une personne très vielle et ayant sûrement vécu plusieurs malheurs , et qui avait sûrement traversé plusieurs fois en entier l’immense étendue déserte du pays:
la, kan faqat fi halat ghaybubatan, maetuh!yjb 'an naerif 'an, 'ant aldhy hu tabiban! yalileara! ( Non, il était juste dans le coma, crétin! Tu devrais savoir ça, toi qui es médecin! Quelle honte!)
Pendant que les deux hommes avaient échangés quelques mots, l’étalon avait recouvré la vue. Le vieil homme avait de longs cheveux gris, gras et sales, une barbe miteuse, de petits yeux perçants et cruels, des ongles noirs et immenses, un corps incroyablement maigre recouvert “d’habits” si l’on peut dire. Car cela ne méritait même pas le nom de loques. Ses pieds nus et terreux étaient sûrement recouvert de corne, au point que l’on pourrait croire qu’un serpent pourrait le mordre, qu’il ne ressentirait ne serait ce qu’un léger picotement. Mais, malgré toutes ces choses qui vous donnent envie de penser que c’est un des humains les plus sales et cruels au monde, si l’on regardait au fond de ses yeux, on apercevait une lueur bienveillant, en plus du sourire qu’il arborait constamment, on pouvait comprendre que cet homme avait un cœur d’or, malgré ses côtés machos. L’autre homme, paraissant avoir une quarantaine d’années, avait lui aussi une longue barbe noire, des cheveux longs noirs également, des ongles sales,mais ses habits étaient à la mode et propres. Lui, par contre, paraissait être une brute épaisse qui gagne sa vie à coups de poings. On pouvait vraiment se demander comment il avait eu son poste de médecin.
Le doyen se leva et dit:
- hia, wahan alwaqt lildhdhahabi, Assia! ( Allons, il est temps d'y aller, Assia!)Chapitre 8 : Retrouvailles avec la troupeLes deux hommes se levèrent et une force étrange entraîna alors le cheval ! Il était attaché à une corde par le cou!!!! Cette sentation de ne pas être en libertéétait pour lui une véritable torture. Il fut malgré tout obligé de marcher et arriva, accompagné des deux trucs à deux pattes,devant un enclos rempli de: la troupe!!!! Mais au milieu d'elles, un jeune se pavanait devant les jolies juments et avaitprofité de l'absence de l''ex-chef. L'étalon se débattit alors et sauta par-dessus la barrièreet partit au devant du jeune imbécile...
Chapitre 9: Vengance
Le jeune étalon , en voyant le “vieux” le charger, réagit alors d’une manière étonnamment rapide. Il fonça tête baissée sans se soucier le moins du monde du cheval en colère. Ce dernier, surpris de voir que ce petit écervelé s’avancer courageusement au devant de lui, l’étalon fut décontenancé et sentit ses forces s’évaporer peu à peu. Ce combat qu’il allait livrer était la goutte qui fait déborder le vase. La marche dans le désert, sa blessure, sa découverte,… c’était trop, il était à bout. Il tomba à terre, se sentant piétiné par l’autre étalon. Il était banni de son ancien troupeau. Couvert de blessures, il ne tiendrait plus longtemps. Le vieillard, à ce moment là, ouvrit la barrière et tout le reste du troupeau, avec son nouveau chef, s’en alla, la crinière au vent.
FIN
Certains de vous peuvent trouver cela triste, mais ce livre est une façon de raconter les lois des chevaux.
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